Nomotech reprend le réseau Ozone de SFR
Nomotech reprend Ozone, un réseau Wi-Fi communautaire lancé en 2003 devenu une propriété de l'ensemble Neuf-SFR.
Interview de Philippe Legrand réalisé par ITespresso.fr
ITespresso.fr : Pourriez-vous nous présenter Nomotech ?
Philippe Legrand : Nomotech est une société créée en 2003, composée de 69 personnes, qui double son chiffre d’affaire tous les ans depuis six ans. Avec 13 millions d’euros de chiffre d’affaire annuel, la progression se poursuit grâce à une activité toujours plus étendue et une part de marché croissante. Le siège se situe dans la Manche, à 10 minutes du Mont-Saint-Michel, et plusieurs agences ont été créées : à Saint-Lô dans la Manche tout d’abord, puis à Metz, Bourges et Montpellier. Nomotech construit et exploite des réseaux radio, notamment sur la technologie WifiMax. En outre, Nomotech via ses deux marques West-Télécom et Idyle Télécom exerce une activité de FAI, le premier sur le marché en France. Récemment, Nomotech a créé une business unit Wi-Fi entreprise dédiée aux grands comptes.
ITespresso.fr : Vous venez de reprendre Ozone… vous croyez donc encore aux “bonnes ondes” ?
Philippe Legrand : Le modèle de Ozone, tel que pensé par Rafi Haladjian son créateur en 2003, n’a jamais été aussi pertinent et “time-to-market” qu’aujourd’hui. Les opportunités d’un réseau Wi-Fi urbain sont très vastes et aujourd’hui concrètes : l’interconnexion des objets communicants, les applications de mobilité et nomadisme urbains, les plateformes de services, la dé-saturation des réseaux 3G, sont autant de pistes que nous explorons déjà et sur lesquelles nous avons bâti des approches concrètes. Par ailleurs, la flexibilité d’un tel réseau, et sa capacité à gérer et prioriser les flux d’information, à l’heure de la “Net neutrality”, n’est pas sans focaliser tout particulièrement nos attentions. En outre, à l’heure actuelle, avant même le lancement des nouveaux modèles, Ozone compte déjà de nombreux clients actifs ! Notez enfin que la marque Ozone sera conservée.
ITespresso.fr : Nous devons donc nous attendre à l’arrivée de nouveaux services sous la marque Ozone…
Philippe Legrand : Oui, notre différenciation viendra, dès septembre, de trois axes : le prix, où assurément nous pratiquerons des offres à bas coûts ; les services, avec la recherche de bouquets de services à valeur ajoutée et à forte qualité, peut-être par priorisation de flux ; les applications, avec un modèle “Ozone IP City”, tourné vers les usages publics urbains et proposé aux collectivités.
ITespresso.fr : Le haut débit hertzien (Wimax) est souvent pointé du doigt (débit faible, mauvaise qualité de service, latence élevée, peur des ondes…), qu’avez-vous à répondre à cela ?
Philippe Legrand : Il est totalement exact que le niveau d’exigence dans l’accès à internet a augmenté plus vite que la qualité des réseaux sans fil. Il ne vous a pas échappé que le marché sans-fil suivait une consolidation, qui s’est accélérée ces derniers temps. Dans ce contexte, nous doublons notre chiffre d’affaire tous les ans car nous avons misé, depuis le début, sur la constitution de réseaux de classe opérateur. C’est notre différenciation actuelle, dans les réseaux d’initiative publique comme dans notre BU WI-Fi et maintenant Ozone : nos architectures et technologies suivent et anticipent même la montée des usages. Les folles années 2003-2004 du WI-Fi amateur sont bel et bien révolues, nous sommes passés à un stade industriel, que la consolidation dont nous sommes l’un des principaux acteurs ne fait que refléter.
ITespresso.fr : Dans le cadre de la montée en débit, nombre d’élus délaissent les solutions hertziennes et préfèrent se tourner vers le NRA-ZO. Et des rumeurs laissent entendre que FT étudie la solution bi-injection pour apporter le très haut débit sur le support cuivre via le VDSL 2… Comment percevez-vous cela ?
Philippe Legrand : Les technologies de montée en débit foisonnent. On comprend bien l’intérêt de France Telecom qui, par ses solutions, ambitionne de se faire financer la modernisation de son réseau cuivre. Mais tout cela a ses limites, tant sur les niveaux de performance que sur les bilans économiques. Inévitablement, il y aura de la place pour tout le monde. Notamment pour nous ! La technologie Wifimax Mimo que nous déployons est une technologie très haut débit, et nous avons confiance pour que l’Arcep et le gouvernement la reconnaissent formellement comme telle. Nous ne cherchons pas à rivaliser pas avec le FTTH, qui reste la solution cible pour tous. En attendant, les déploiements en cours sur la fibre, ainsi que la montée en débit sur le cuivre, laisseront 3 millions de foyers français, soit plus de 10% de la population française, sans solution THD bien sûr, et même avec une solution “haut débit” bien trop inadaptée aux usages.
ITespresso.fr : Que pouvez-vous nous dire sur cette technologie “Mimo” ? Est-ce une technologie concurrente du futur LTE ?
Philippe Legand : La technologie WifiMax Mimo est issue de l’évolution de la norme Wifi 802.11 n, en 2009. Cette normalisation a ouvert de nouvelles possibilités, tant sur la gestion des débits que de la qualité de service. Notre département RD planche dessus depuis la fin de l’année dernière, et nous avons réalisé nos premiers prototypes. Les premières mises en service du WifiMax Mimo triple-play débuteront avant la fin de l’été, et les premiers déploiements à l’échelle départementale seront lancés en France au 1er trimestre 2011. Par ailleurs, les marchés espagnols, italiens et américains, regorgent de projets que nous adressons actuellement, par cette technologie qui suscite un grand enthousiasme dans cette situation d’après Wimax. Pour quelques millions d’euros, nous sommes en mesure de couvrir complètement un département avec notre WifiMax Mimo, apportant 18 Mb/s à chacun et des offres triple play. Le WifiMax s’est imposé en France, le WifiMax Mimo prendra plus d’ampleur encore. Toutefois, il n’y aura pas de concurrence avec le LTE, tant en termes de performances intrinsèques que d’usage, ni de “cannibalisation” du DSL, puisque le WifiMax Mimo sera bien dimensionné pour cibler les 10% de foyers laissés pour compte du Très Haut Débit. Comme toujours, la peréquation devra s’exercer pour que tous puissent accéder au meilleur de l’internet. Nous saurons répondre présents aux projets publics, que nous accompagnons avec engagement et conviction.
Source: www.itespresso.fr
