Article écrit par Jean Michel Billaut, source: Vous connaissez certainement Philippe Le Grand de Manche Numérique. Hé bien, il quitte Manche Numérique... Tout le monde, dans le petit cercle des Français qui s'intéressent à l'économie numérique et au TRES haut débit, tout le monde donc connaît Philippe Le Grand. Toujours d'humeur égale et joyeuse, beaucoup d'idées et une vue claire de notre futur qui sera numérique (n'en déplaise à certains), il fait ce qu'il dit. Et Philippe quitte Manche Numérique pour partir dans le privé... Et quand un fonctionnaire territorial de cet acabit part dans le privé, ce n'est pas pour pantoufler... Avant d'expliquer ce qu'il va faire, Philippe nous dresse un état des lieux numériques dans son département de la Manche. Qu'on se le dise : les Manchois sont loin d'être des e-manchots. Que cela soit sur le nombre de connectés à l'Internet, que cela soit sur les usages et sur la disponilité du TRES haut débit (15% de la population est aujourd'hui "fibrable" : 26.000 prises optiques raccordables dés maintenant, et plusieurs milliers de plus dans les prochains mois). Un foyer manchois sur trois sera raccordable à au moins 100 mégas/bits symétriques - ce qui est loin d'être le cas dans les Yvelines... ). De plus, le mois prochain, un partenariat stratégique sera signé avec la Corée du Sud. Le maire de Séoul sera en effet à Saint Lo pour finaliser la chose. Et ce partenariat fera rentrer la Manche dans le cercle trés fermé des 100 villes/collectivités locales les plus développées sur le plan numérique au monde. D'ici à ce qu'un opérateur de télécoms coréen s'installe dans la Manche... Ce qui je pense serait de nature à bousculer le e-landernau des opérateurs gaulois... Donc Philippe quitte sa Manche Numérique (qui naturellement va continuer son action avec la mise en route d'un second cycle de développement que Philippe détaille). Et il rejoint "le côté obscur de la Force"... 1/ La semaine, il va travailler chez Nomotech dont il devient l'un des dirigeants. Il explique ce que fait cette entreprise. 2/ Le samedi avec notre compère Stéphane Lelux (lui aussi très connu dans le milieu...) il va créer une entreprise de conseils stratégiques sur le développement territorial des économies numériques (il cherche un nom pour sa société : si vous avez des idées...). Philippe en a en tout cas la légitimité puisqu'il l'a déjà fait dans la Manche. 3/ Et le dimanche matin (avant la messe)... Il va créer un opérateur FTTH (fiber to the home). Avec 3 axes de développement : A/ fournir de l'accès sur des réseaux déjà activités (comme à Pau par exemple) selon un modéle "d'open acces" à la suédoise, et non pas un modèle de box à la gauloise. On rend la liberté aux gens. Si vous ne voulez que de la téléphonie IP, vous n'aurez que de la téléphonie IP et donc pas de TV IP, pas d'accès au Web. Alors qu'avec la box et son bundle de services vous êtes obligés de tout prendre (l'un de mes amis avocat parle de vente forcée...). Prix objectif de base visé : 10 euros/mois. Il y a un peu plus d'un an j'avais accompagné Philippe à Lund en Suède visiter Labs2 société créée par Jonas Birgersson (Jonas avait créé en son temps le premier fournisseur d'accès TRES haut débit au monde...). Vous trouverez un compte-rendu de cette visite bien arrosée en vin chaud à la canelle ici. Y aura-t-il aussi après les Coréens un accord avec Labs 2 ? B/ Activer les réseaux publics encore passifs toujours selon le modèle open access qui entraînera certainement la création d'une panoplie de nouveaux services (santé, commerce, éducation, smart grid, domotique, télétravail...etc..), services accessibles à la carte. C/ Et pourquoi pas construire des réseaux là où il n'y en a pas (par exemple dans les Yvelines du Sud... C'est une idée que j'ai soumise à Philippe...) Après avoir donné un coup de chapeau à notre Secrétaire d'Etat à l'Economie Numérique : Nathalie Kosciusko-Morizet (il est vrai que Nathalie dans sa prime jeunesse passait ses vacances sur les plages de la Manche...), Philippe peste contre nos élus nés avant 1980, qui sont encore trés "analogiques". Hadopi et autres bidules du même acabit : "Nous sommes un peuple préhistorique" (sic). Le lobby de ceux qui vivent de la rareté du bien avec un système de distribution très verticalisé, prévaut sur l'intérêt collectif général. Le numérique n'est pas encore le problème de nos élus. Rien ou presque dans le Plan de relance : tout sur les insfrastructures terrestres. Et il n'est pas normal que nos startups qui ont le même potentiel que des startups californiennes, ne percent pas autant. Etc... Peut-être qu'un jour Philippe se lancera dans la e-politique et arrivera à donner le pouvoir à la génération Internet Européenne... Qui sait ? Il y a quelques années un petit groupe de personnes avait essayé de lancer un e-parti. C'était probablement un peu trop tôt (d'autant plus que l'un des instigateurs s'étaient fait remonter les bretelles par l'occupant de Matignon de l'époque). Mais maintenant ? La génération Internet européenne prendra-t-elle conscience de sa force ? PS. Hier aprés-midi un "simili-barcamp" sur le télétravail avait lieu dans les locaux du Secrétariat d'Etat à l'Economie Numérique. J'y étais avec Philippe. NKM, qui porte bien sa maternité, est venue saluer la vingtaine de participants. Thème : comment gagner un million d'heures/jour perdues dans les trajets domicile lieu de travail. Il y a quelque chose que je ne comprends pas très bien dans notre beau Royaume de France. Si l'on préconise le télétravail, cela entraînera une désaffection relative des infrastructures traditionnelles de transport physique des personnes. Pourquoi dans ce cas mettre tous les oeufs du Plan de Relance dans les infrastructures de déplacement physique ? Et rien dans les réseaux de télécommuncations à TRES haut débit qui seront nécessaires pour le télétravail et autres bidules... Pas logique non ? Mais comme je n'ai pas fait les GEG (Grandes Ecoles Gauloises) au grand dame de ma mère, je ne dois pas être très capable de tout comprendre... Pour contacter Philippe Le Grand : plegrand(arobase)nomotech.com